TEVA I TAI

THÈME : Pa’itoanu’u no Fatutira – Pa’itoanu’u de Fatutira

Cette histoire s’est passée il y a très longtemps, à une époque où le grand navigateur Ta’ihia était ari’i de Tautira… Dans la vallée Ata’aroa de Vaitepiha vivaientalors Rēhia et son épouse Huauri. Lorsque Huauri tomba enceinte de son deuxième enfant, elle eut envie de manger du uhi. Son époux, Rēhia décida d’aller au fond de la vallée pour ramener l’igname tant désirée par Huauri. Hélas pour lui, alors qu’il était en train de creuser pour déterrer les ignames, les deux sorcières qui vivaient dans la vallée le tuèrent en l’ensevelissant sous d’énormes rochers.

Huauri demeura donc seule jusqu’à la naissance de son fils. Lorsque celui-ci vint au monde, elle confia aux dieux cet enfant qui ressemblait à une boule en l’enveloppant dans des feuilles de ‘auti. Les dieux l’apportèrent à Ta’aroa qui le mit dans une calebasse où l’enfant grandit. Il lui donna les noms de Pa’itoanu’u et Pa’iara’i.

Une fois devenu grand et fort, Pa’i apprit par Ta’aroa qu’il était l’enfant de Rēhia et Huauri et il éprouva le désir de retrouver ses parents ; il revint donc à Ata’aroa. Là, il apprit que les sorcières avaient tué son père. Il alla dans la vallée, les tua et fabriqua une lance avec du fau pūrau– et les os des sorcières pour en faire la pointe ; il l’appela Rufautumu. Pour bien équilibrer sa lance, il l’essaya en la lançant vers le fond de la vallée ; elle transperça Vaiami. Il la lança une deuxième fois et elle se planta à Tata’a.

Peu de temps après, Hiro et ses frères arrivèrent pour voler le mont Rotui à Mo’orea. Depuis Tāta’a où se trouve encore aujourd’hui l’empreinte de son pied, Pa’i lança Rufautumu qui transperça la montagne que l’on appelle depuis, Mou’a Puta. Tout ce bruit réveilla les coqs de l’île de Mo’orea, ce qui fit fuir Hiro et ses frères. Pa’i lança si fort Rufautumu qu’après avoir traversé Mou’a Puta sa lance atterit à Ra’iātea où elle déchiqueta une montagne et fit trembler la terre. Pa’i est décidément vraiment le fils d’humains car il se préoccupe de leur sort, et il est le fils des dieux car il en a la puissance.

Cette légende nous rappelle que, comme Pa’i, nous devons rendre hommage à nos anciens, défendre leur mémoire, et nous battre pour préserver ce qu’ils nous ont laissé en héritage.