TAHITI IA RURU-TU NOA

THÈME : CEUX DU PAYS ROUGE EN LONGUE TERRE.

C’est la nuit. Avec précaution, un groupe de personnes avance nageant et rampant en silence dans la nuit obscure. Ils palpent le sol et chuchotent quand tout à coup, ils sont cernés par des hommes armés et des femmes curieuses hostiles. Le chef de Longue Terre les interpelle et exige des explications.

Le capitaine raconte qu’ils viennent du Pays Rouge où sévissent la sécheresse et la faim. Ils ont embarqué sur une pirogue et affronté les tempêtes qui les ont conduits ici.
Il ne demande qu’une parcelle de terre pour cultiver de la nourriture. Il propose des présents, preuves de leurs compétences qu’il prie d’accepter. Ils n’ont en leurs mains que des outils de travail.

Le arii de l’île accepte leur présence en tant que serviteurs, informant qu’un homme de Longue Terre peut prendre une femme du Pays rouge. Mais que ceux du Pays rouge ne prennent pas de femme de Longue Terre. Ceux du Pays rouge acceptent.

C’est la grande joie dans les deux camps. Courts sont les cheveux des hommes de Longue Terre. Longs sont les cheveux des hommes du Pays Rouge. Ceux du Pays Rouge endurent les moqueries et caprices de ceux de Longue Terre. Une jeune fille s’étonne des émotions éprouvées pour un jeune serviteur aimable. Les serviteurs en ont plus qu’assez des vexations et les brimades qu’ils subissent. Quand les hommes de Longue Terre essaient de couper les cheveux blonds d’un du Pays Rouge comme leurre de pêche à la ligne en lagon, la guerre éclate. La tête d’un humain est sacrée.

Les cheveux courts sont plus nombreux mais l’oisiveté les a rendus faibles. Les cheveux longs remportent la victoire. Ils ne veulent pas traiter les autres comme eux ont été maltraités, car ils seraient les perdants demain. Les deux chefs décident de se partager les travaux et les produits obtenus. Les seules batailles seront celles de danses.

Mais avant, ils décident d’enterrer les symboles des causes de troubles et de discordes.
Ils enterrent les symboles de l’orgueil, de la jalousie, du mépris et de l’envie. Ensuite, ils se livrent à des batailles de danses avec humour. C’est la fête. Ils ne forment plus qu’un seul peuple uni vers un même but.