TE PAPE ORA NO PAPOFAI

THÈME : LA VILLE DE L’ESPOIR

William Crook, pasteur de la LMS, s’installe à l’Est de Pare afin de créer une nouvelle mission. Le choix de son installation en ces lieux relève plus de la contrainte que de la clairvoyance. Tous ses coreligionnaires voulaient réoccuper leurs anciennes paroisses de Tiarei, Matavai, Papaoa, Punaauia et Papara.

Il ne lui restait pas d’autre choix que cette plaine marécageuse et presque inhabitée. Ajoutons que la végétation y consistait surtout en arbustes tahinu, avec quelques bouquets épars de cocotiers et d’arbres à pain. Afin d’échapper à l’humidité et aux nuages de moustiques porteurs de filaires, Crook fit bâtir tout de suite une grande villa sur la colline Faiere, qu’il baptisa Mount Hope, Montagne de l’Espérance.
En même temps, une autre équipe de travailleurs volontaires construisait en bord de mer, au lieu dit Pā’ōfa’i, deux grands fare pote’e, dont le premier devait servir de temple et le second d’école.

La bourgade, qui s’étend au pied du mont Faiere prend alors le nom de Hope Town pour les missionnaires alors que les Tahitiens préfèrent le nom de Vai’ete qui est celui de la rivière traversant une terre appartenant aux Pomare. Ce nom signifie indiscutablement « panier d’eau » ou « eau en panier », et s’explique probablement par l’habitude qu’avaient les habitants de venir chercher cette eau particulièrement pure dans des gourdes placées dans des paniers. »

La reine ‘Aimata érigea un palais en ces lieux et s’y installa avec sa suite, elle aménagea au fond de ses jardins un bassin qui est un point de résurgence de la rivière Vai’ete.
Elle était alimentée en eau courante par des sources abondantes qui jaillissaient au pied du mont Faiere. Mais à cause d’un tabou, celui du pi’i, interdisant l’utilisation de certains mots sacrés ou réservés aux chefs, Vai’ete devient rapidement Pape’ete.